18 September 2026 · 7 min
Le meilleur du Bhoutan : que voir lors d’un premier voyage
Des dzongs, un monastère à flanc de falaise, une cour de fête et une vallée de grues. Comment nous passerions dix premiers jours dans le royaume, et pourquoi nous ne bâclerions rien.
La première question qu’on nous pose est presque toujours la même : combien de temps, et où. La réponse honnête, c’est que le Bhoutan est petit sur la carte et immense sur le terrain. Les routes s’enroulent sur des cols à trois mille mètres, cent kilomètres peuvent prendre quatre heures, et les meilleurs moments surviennent souvent quand rien n’est prévu. Dix jours, c’est le chiffre auquel nous revenons. Sept, c’est possible. Quatorze, c’est mieux.
Voici comment nous passerions un premier voyage, vallée après vallée, d’ouest en centre. Ce n’est pas une liste à cocher. C’est un plaidoyer pour la lenteur.
Paro : la vallée où l’on atterrit
Tous les vols internationaux se posent à Paro, le seul aéroport du Bhoutan, en se faufilant entre les crêtes lors d’une descente à laquelle les pilotes s’entraînent et dont les passagers se souviennent. La vallée est large et cultivée, parsemée de fermes blanchies à la chaux, et veillée par le Rinpung Dzong et la tour de guet ronde qui le domine et abrite aujourd’hui le musée national.
Passez le premier jour en douceur. Suivez le chemin de la rivière jusqu’au dzong, traversez son pont en porte-à-faux et restez dans la cour pendant que la lumière de l’après-midi descend le long des galeries sculptées. Le Kyichu Lhakhang, l’un des plus anciens temples de l’Himalaya, est à dix minutes de route : deux orangers dans la cour, une statue du VIIe siècle à l’intérieur, une vieille femme qui fait tourner les moulins à prières dans un coin.
Le Nid du Tigre peut attendre un jour ou deux. Vos poumons vous en remercieront, et la vue aussi.
Thimphu : une capitale sans feux de circulation
Thimphu est la seule capitale au monde sans feu de circulation ; un policier en gants blancs règle le rond-point à la place. C’est une ville d’environ cent mille habitants qui a grandi vite et qui ferme encore pour un match de tir à l’arc. Allez-y pour le marché du week-end, le Bouddha Dordenma géant qui domine la vallée, la Royal Textile Academy et l’Institut national de médecine traditionnelle, où les médecins lisent encore le pouls.
Le Tashichho Dzong, qui abrite la salle du trône et le corps monastique central, s’ouvre aux visiteurs en fin d’après-midi, une fois les bureaux fermés. Les moines traversent la cour au crépuscule. C’est le bon moment pour y être.
Punakha : deux rivières et un dzong
Passé le col de Dochula, ses 108 chortens et, par un matin clair, une muraille de sommets himalayens, la route plonge dans la vallée de Punakha. À 1 200 mètres, il y fait chaud, presque subtropical, avec des rizières jusqu’à la rivière et des bougainvilliers sur les fermes.
Le Punakha Dzong se dresse là où se rejoignent la Pho Chhu et la Mo Chhu, la rivière masculine et la rivière féminine, et c’est le plus bel édifice du royaume. Nous le disons sans hésiter. Au printemps, les jacarandas fleurissent en violet contre ses murs. À l’intérieur, la grande salle d’assemblée compte une centaine de piliers peints et un silence qui fait baisser la voix sans qu’on vous le demande.
Rejoignez le Chimi Lhakhang à pied à travers les rizières, ou montez au chorten Khamsum Yulley Namgyal pour la vue sur toute la vallée. Dormez près de la rivière. Écoutez-la la nuit.
Phobjikha : la vallée des grues
Quelques heures plus à l’est, la route remonte vers la vallée de Phobjikha, une large cuvette glaciaire à 3 000 mètres où les grues à cou noir viennent passer l’hiver dès fin octobre. Le monastère de Gangtey se dresse sur un éperon au-dessus du marais, et les fermes brûlent encore du bois. Il n’y a pas de meilleur endroit au Bhoutan pour un bain aux pierres chaudes et une longue nuit froide et étoilée.
Si vous voyagez entre novembre et février, accordez-lui deux nuits. Sinon, accordez-lui deux nuits quand même. Le sentier nature au fond de la vallée, le monastère à l’heure de la prière et le silence du lieu valent le trajet.
Bumthang : le cœur spirituel
Bumthang, ce sont en réalité quatre vallées, hautes et pastorales, avec des champs de sarrasin, des vergers de pommiers et une densité de temples anciens sans égale dans le pays. Le Jambay Lhakhang date du VIIe siècle. Le Kurjey Lhakhang garde l’empreinte du corps de Guru Rinpoché dans la roche. Tamshing possède des peintures murales du XVIe siècle que personne n’a retouchées.
C’est là que nous envoyons les voyageurs qui veulent le royaume tel qu’il était. Des nuits à la ferme, une marche entre les temples, le drup du Jambay Lhakhang et sa cérémonie du feu à l’automne. C’est loin de Paro, neuf heures de route, et vous serez heureux de chacune d’elles au retour.
Les fêtes, si vous le pouvez
Si vous pouvez faire coïncider vos dates avec un tshechu, faites-le. Paro au printemps et Thimphu à l’automne sont les plus grandioses ; le drubchen de Punakha, en février ou mars, rejoue une bataille du XVIIe siècle avec toute la vallée en costume. Les dates suivent le calendrier lunaire et changent chaque année : nous les confirmons avant que vous ne réserviez vos vols. À vérifier chaque année.
Comment nous ferions
Trois nuits à Paro, au début et à la fin du voyage, pour que le Nid du Tigre arrive quand vous êtes acclimaté. Deux à Thimphu. Deux au bord de la rivière à Punakha. Deux à Phobjikha. Si vous avez les jours, trois de plus à Bumthang. Un guide, un chauffeur, un arc sans hâte.
L’approche bhoutanaise du tourisme, haute valeur et faible volume, financée par la Sustainable Development Fee, explique pourquoi les cours sont calmes et les sentiers déserts. C’est aussi pourquoi un premier voyage ici ressemble à ce qu’était un premier voyage partout ailleurs, avant que le monde ne soit encombré. Allez lentement. Le royaume ouvre ses portes à son propre rythme.
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